lundi 2 février 2026

LE FEMINISME VEILLE DES CONSCIENCES

 

Le féminisme : veille des consciences

 

Alain de Benoist tente de nous expliquer que le féminisme ne sert à rien et est théoriquement inconcevable. http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/feminisme-veut-il-encore-dire-quelque-chose,98497   Je lui répondrai sur les deux points.

 

I  A quoi sert le féminisme ?

 

Le féminisme est une veille des consciences. Une tentative pour empêcher les violences sexistes, physiques ou morales.

Les violences sexistes viennent de la différence physique entre hommes et femmes, de la force physique des hommes. L’explication est toute simple et suffisante.

Le défi que cette situation pose à l’être humain est immense : surmonter la dérive de cette force, bénéfique en soi, en violence. Le féminisme comme l’idéalisme chrétien sont des tentatives pour relever ce défi.

 

Le féminisme choque car il parait être une aberration, une perversion. Il parait être fauteur de conflit là où l’amour devrait régner, entre homme et femmes. Les féministes sont vues comme des walkyries, initiatrices d’une « guerre des sexes » sur le modèle d’une « lutte des classes », dominées contre dominants. Mais son but est tout autre.

Christine Delphy, féministe « universaliste », explique à mon sens la raison d’être du féminisme en disant  en substance : tant que le patriarcat domine, il est impossible de savoir si l’amour entre homme et femme existe réellement. Propos lapidaire qui met en évidence la nature du problème social et moral.

Les féministes ambitionnent de démolir les mécanismes sociaux, les idéologies permettant les violences, donc s’opposant aux efforts des couples pour vivre un amour véritable. « Nos luttes changent la vie entière » : vocabulaire de combat pour un rêve fleur bleue.

Le féminisme ne crée pas les conflits, il les révèle, il rend conscient les oppositions d’intérêts, sources potentielles d’injustices ou de violences pour les désamorcer.

 

Lorsque je lis les livres d’Yves Semen sur la notion chrétienne d’amour conjugal comme don total à l’autre, face à toutes les épreuves, je retrouve l’idéalisme de Christine Delphy.  Le féminisme n’est nullement en contradiction avec cet idéal, il ajoute une donnée cruciale pour l’atteindre : la bonne volonté des hommes et des femmes, individuellement, ne suffit pas toujours.

 

Le féminisme est une veille des consciences, constante, pour révéler le mal des violences sexistes et les mécanismes sociaux qui les rendent possibles, et souvent, invisibles, inconscientes.

Le féminisme ne peut pas être dépassé, sauf à changer la nature humaine : les mécanismes délétères, personnels et sociaux ressurgissent toujours sous diverses nouvelles formes, produits de l’égoïsme naturel de tout être humain. 

«  Féministe tant qu’il le faudra ». La veille des consciences sera toujours indispensable.

 

II  L’idéologie féministe et l’antiféminisme

 

Les antiféministes enferment le féminisme dans une fausse alternative théorique. Soit le féminisme est universalisme, nie toute différence, et alors il détruit son objet : la femme comme être différant de l’homme. Soit le féminisme est différentialisme et alors il perd son objet puisque la différence exclue la possibilité d’une égalité : n’est égal que ce qui est égal toutes choses semblables par ailleurs. Pour les antiféministes, le différentialisme, conforme à la loi naturelle, exige que les femmes acceptent leur définition de la féminité.

 

La féminité est, selon eux, la renonciation au pouvoir, le don total de soi, le fait de s’en remettre totalement à l’homme. Leur sophisme consiste à oublier que l’amour est don réciproque, renonciation réciproque au pouvoir sur l’autre, acceptation réciproque du pouvoir de l’autre pour se préserver quand il le faut, comme on le lui souhaite ....

 

Les élucubrations « queer » sur le « genre » ont été attribuées au féminisme. Certes les féministes ont utilisé la notion de genre pour expliquer que la « féminité » était à la fois naturelle et culturelle. Mais le « queer » va plus loin : il rejette toute référence à une donnée naturelle comme discriminatoire et conteste jusqu’à l’utilisation du mot « femme ». Or s’il n’y a plus de « femme » il n’y a plus féminisme non plus.

 

Les conséquences de cette théorie sont gravissimes. La grossesse, disent ces universalistes délirants, ne peut-être créatrice de droits pour la femme. Tout est choix, disent ces fanatiques de la désincarnation, et comme tous les choix, la prostitution, la GPA, le voile, doivent être « libres »…

 

Pour ma part, je me définis comme « féministe universaliste matérialiste ».

L’universalisme signifie la prééminence des éléments universels communs à tous les êtres humains, et non la négation des éléments différents.

La liberté intérieure du libre-arbitre et l’aptitude à la réflexion sur sa situation matérielle avec ses contraintes et ses choix, figurent parmi les éléments communs aux deux sexes, propres à leur commune humanité.

Comme la  violence sexiste vient de la différence physique entre hommes et femmes, le féminisme doit être matérialiste pour s’opposer à la violence. Matérialiste et réaliste : reconnaissant la réalité physique du corps, différent selon les sexes.

Mais oui : le féminisme est « pensable »…

 

L’antiféminisme revendique le pouvoir (dont le langage) comme apanage de la masculinité. Le queer détruit aujourd’hui les mots pour dire les violences sexistes.

Hier traitées de « bas-bleu », aujourd’hui de « transphobes », les féministes « radicales » continuent de prendre la parole, de dire ces violences, d’éveiller les consciences. MJ Bonnet critique PMA et GPA. La Coordination lesbienne en France a quitté l’inter-LGBT qui revendiquait la « liberté » de la prostitution et de la GPA.

Mais non, le féminisme n’est malheureusement pas dépassé.

 

Elisseievna aout 2014 

vendredi 8 mars 2019

Yvette Roudy contre le voile et sur les " vraies féministes "


Une ancienne ministre PS favorable à l'interdiction du voile islamique
/ Vendredi 8 mars 2019 à 11:096

Yvette Roudy. Photo © Denis ALLARD-POOL/SIPA
Première ministre à avoir été en charge des droits des femmes, Yvette Roudy a donné son avis sur la possibilité d’un “féminisme musulman” et sur le port du voile.
Membre du Parti socialiste, eurodéputée, ministre des Droits de la femme, députée du Calvados, maire de Lisieux, mais avant tout militante féministe… La vie politique d’Yvette Roudy fut prolifique. Impliquée comme personne dans la lutte pour le droit des femmes, celle qui a aujourd’hui presque 90 ans continue de donner son avis sur certains sujets controversés. Pour Le Point, elle est revenue sur le féminisme dans l’islam et la polémique du hijab de sport que Décathlon a renoncé à commercialiser. 
Les femmes voilées « ne savent pas de quoi elles parlent »
Quand l’hebdomadaire lui demande s’il existe un « féminisme musulman », l’ancienne ministre ne mâche pas ses mots : « Ce sont des femmes qui aiment être soumises ? Elles ne savent pas de quoi elles parlent. Une jeune femme s’est dressée devant moi alors que je faisais une conférence, avec des tas de barbus autour d’elle. Elle m’a dit ‘j’ai ma liberté de porter le voile’. Je lui ai répondu : ‘je vous offre un billet pour aller en Arabie Saoudite, vous y restez trois ans, et vous me direz ce que vous en pensez’. Ces filles ne réfléchissent pas. Elles sont manipulées par des hommes derrière elles », assène-t-elle, sans filtres.  
Yvette Roudy s’inquiète de la « progression » de l’islam

A propos de la polémique du hijab sportif finalement non commercialisé par Décathlon, Yvette Roudy est catégorique. « Je suis contre le voile », déclare-t-elle au Point« Je pense que c’est un entrisme de l’islam dans nos foyers. En 1979, les femmes à Téhéran étaient dans la rue pour demander la possibilité de sortir les cheveux au vent », se souvient-elle. « Aujourd’hui, on trouve des femmes voilées dans les rues de Paris. Ça prouve que l’islamisme progresse », s’inquiète-t-elle ensuite, avant de poursuivre : « Les islamistes traient mal ces femmes, qui sont très en dessous de la plénitude de leurs droits »
« Elle n’existe plus la gauche ! »
L’ancienne ministre va même plus loin, en expliquant qu’elle voudrait interdire purement et simplement le voile. « Ces femmes n’ont pas le droit de se promener en hijab à Paris, c’est un symbole de soumission. Ça nous fait régresser nous les femmes qui croyions être libérées ». Et l’octogénaire de conclure avec un énième tacle quand l’hebdomadaire lui demande de juger le rapport de la gauche à la laïcité : « Elle n’existe plus la gauche ! En ce qui concerne la laïcité, il est clair que la gauche n’a pas les idées claires sur ce sujet. Elle n’écoute pas les vraies féministes, qui pourraient lui expliquer que le voile représente un grand recul et qu’il ne faut pas être dupe ». Touché, coulé. 

jeudi 29 septembre 2016

Burkini : réponse du collectif « Les vraies féministes en colère »

Burkini : réponse du collectif «  Les vraies féministes en colère »


En lisant la tribune collective parue dans l’Humanité le 9 septembre « Pour l’émancipation des femmes : polémique sur le burkini », nous avons envie de hurler " nul" ...

Nul de ne pas prendre en compte le sens du voile qui est la volonté - pas forcément de la femme qui le porte directement - d'instaurer le seul droit actuel qui nie,  dans son principe, l'égalité en droit des femmes : la loi du coran. 

Oui certes, des femmes font encore les frais de batailles menées par des antiféministes.

Mais la négation perpétuelle du problème de l'islam-loi :  qui osera nous dire qu'elle ne se fait pas elle aussi :
-sur le dos des femmes,
-et  pour le profit de personnes qui ne souffrent pas directement, ou espèrent ne pas souffrir directement, de cette loi ?

Cette négation, elle, se fait sur le dos de toutes celles, et ceux, qui s'insurgent, qui résistent, elle les nie, elle les insulte... 
Nul et écoeurant ...

Dans le Coran sourate 4 verset 34 : [ Dieu a dit ] «  Les hommes s’élèvent au dessus des femmes par ce que Dieu a favorisé certains par rapport à d’autres, et ce qu’ils ont dépensé de leur fortunes. Les femmes vertueuses sont dévouées (qanitat), et gardent le secret que Dieu a gardé [ pour elles].Celles dont vous craignez la dissension (nushuz) , exhortez les (‘idhuhun), abandonnez les (uhjuruhun)  dans les couches, et frappez-les ( udribuhun). Si elles vous obéissent, ne recherchez plus de voie contre elles. Dieu est élevé, grand. »

A celles et ceux qui répondraient que « tout dépend de l’interprétation », nous recommandons la lecture du livre du Professeur de droit islamique Sami A. Aldeeb Abu – Salieh : «  Frappez les femmes. Interprétation du verset coranique 92/4 :34 à travers les siècles » qui vient d’être publié.

Marèges, gouine blanche
H. Bidaut, féministe, résistante antipatriarcat
Cadi, Anarcho-Feministe
Elisseievna, féministe universaliste
Les VRAIES féministes en colère.

paru dans l'Humanité du 16 septembre 2016.


Réponse à cette tribune  :
pour l’émancipation des femmes
Polémique sur le burkini
VENDREDI, 9 SEPTEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ
Collectif Signataires : Fatima Benomar, porte-parole de l’associationles Effronté-e-s, Hélène Bidard, adjointe à la mairie de Paris à l’égalité femmes-hommes, Marjolaine Christien-Charrière, militante féministe à Ensemble !, Laurence Cohen, sénatrice, responsable nationale du PCF pour les droits des femmes et le féminisme, Karine Plassard, militante féministe du collectif de soutien à Jacqueline Sauvage, Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes.
Le débat autour du burkini qui a agité la France cet été est loin d’être anodin, même s’il relève globalement d’une surenchère politique, sécuritaire et raciste tendant à faire oublier les autres questions sociales. Il est symptomatique d’un climat délétère où l’extrême droite comme la mouvance de l’islam radical ont pu avancer leurs pions, chacune au service de sa propagande pour des projets tout aussi dangereux les uns que les autres pour la libération des femmes. Hélas, l’invalidation par le Conseil d’État des arrêtés anti-burkini, dont nous nous réjouissons, profite à la stratégie de communication de nos adversaires. Les uns, conservateurs religieux, crieront victoire, banalisant et dépolitisant ce vêtement sexiste et opprimant, les autres, dans le camp de l’extrême droite ou de la droite décomplexée, gémiront à l’islamisation de la France. Tous continueront d’instrumentaliser la liberté des femmes dans un souci de conquête du pouvoir.
Parce que nous sommes féministes, nous savons l’apport des luttes féministes à notre émancipation, nous combattons sans ambiguïté les dogmes puritains et politico-religieux dont les femmes ont toujours fait les frais. Le contexte de crise économique et politique permet aux différentes Églises de croire que leur heure est venue et qu’elles peuvent enfin mettre à mal la laïcité qui a mis en échec leurs velléités politiques. Nous dénonçons toutes les mouvances réactionnaires comme Civitas, qui vient de créer un parti politique, SOS tout-petits, les Survivants, qui dénient aux femmes le droit à disposer de leur corps, la Manif pour tous, les Veilleurs, l’observatoire de la théorie du genre, qui infiltre nos écoles, déstabilise le corps enseignant et les parents d’élèves, ou les tenants d’un islam politique qui négocient l’autorisation du voile à l’école ou des piscines non mixtes, en se victimisant ensuite pour mieux embrigader celles et ceux qui n’en peuvent plus de la xénophobie, des discriminations et des relégations. Nous dénonçons aussi les odieuses humiliations publiques que subissent les femmes, victimes et non prescriptrices des usages patriarcaux. Nous ne pouvons supporter de les voir subir une répression policière dictée par un climat sexiste et raciste.
Pourquoi ? Parce que nous défendons les droits des femmes et nous conscientisons l’oppression qui nous est faite. Pour beaucoup d’entre nous, les représentants de cet État invisible qu’est le patriarcat sont sous nos toits, incarnant l’autorité et la domination. Nos corps sont alors réduits à être des butins souvent au service de la reproduction, du plaisir sexuel unilatéral des hommes et de l’exploitation domestique. Toutes les stratégies machistes sont bonnes pour convaincre les femmes que leur corps ne leur appartient pas. Comment en vouloir aux femmes d’élaborer des stratégies de survie, de se couvrir, de faire un détour pour rentrer chez elles, de céder à des normes injustes et contraignantes pour éviter le pire ? Et comment accepter de devoir composer avec de telles règles du jeu ?
L’émancipation des femmes est une rude tâche qui ne s’improvise pas. À l’école, nous déplorons la suppression des ABCD de l’égalité qui auraient pu inculquer à nos enfants des valeurs fortes d’antisexisme. Nous en sommes au 73e féminicide depuis le début de l’année commis par le compagnon ou l’ex-compagnon. Une femme est violée toutes les 3 minutes, seulement 10 % portent plainte, et seuls 2 % des violeurs sont condamnés ! Qui s’en soucie ?
Pour faire reculer les intégrismes et l’extrême droite, pour faire avancer les droits des femmes, il est indispensable de briser les stéréotypes dès le plus jeune âge, de permettre un accès réel et libre aux droits sexuels et reproductifs, de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité politique dotée de moyens nécessaires et conséquents, d’interroger la manière dont est rendu le droit en matière de féminicides. Une volonté politique réelle qui ne se contente pas de promesses, qui ne se sert pas des droits des femmes pour une cause réactionnaire ou pour monter dans les sondages, qui place le féminisme en valeur cardinale.
Prendre le parti des femmes, ce n’est pas les renvoyer dos à dos avec leurs oppresseurs en les accusant d’endosser le drapeau du patriarcat et d’en être complices. Prendre le parti des femmes, ce n’est pas leur faire violence, les réprimer quand elles sont trop ou pas assez habillées, parce qu’elles sont encore les jouets du fétichisme sexuel des hommes selon les enjeux qui leur importent, politiques, religieux, économiques ou sexuels. Prendre le parti des femmes, c’est les défendre quand elles sont violentées, humiliées, menacées, c’est garantir les valeurs d’une laïcité non dévoyée, de réclamer de véritables moyens, éducatifs, économiques, de solidarité, afin de gagner l’émancipation de toutes.
Et ce n’est en aucun cas avec des arrêtés ou sous les coups de sifflet d’hommes en uniforme que nous y parviendrons !


signataire : Alexis

  • Tant qu'une seule femme sur cette planète subira encore le sexisme, la violence et le patriarcat, le combat féministe sera plus que jamais d'actualité et je dirais même obligatoire. Or,elles sont des centaines de millions à le subir et j'ai l'impression que c'est de pire en pire. La régression est en marche. Tout le monde doit se réveiller.
  • Il devrait y avoir des cours de féminisme à l'école !
  • Isabelle Alexis





signataire : elisseievna

pour me présenter : mon blog :  http://elisseievna.blogspot.fr

et en premier lieu étant donné le sujet, cet article où j'explique que rien ne justifierait la haine envers qui que ce soit, et notamment, la critique de l'islam en tant que doctrine ne doit pas être comprise comme une justification de la haine envers des musulmans :
http://elisseievna.blogspot.fr/2016/08/moi-fille-toi-furby-ou-des-bienfaits-du.html


lundi 19 septembre 2016

Burkini : réponse du collectif « Les vraies féministes en colère »

Burkini : réponse du collectif «  Les vraies féministes en colère »


En lisant la tribune collective parue dans l’Humanité le 9 septembre « Pour l’émancipation des femmes : polémique sur le burkini », nous avons envie de hurler " nul" ...

Nul de ne pas prendre en compte le sens du voile qui est la volonté - pas forcément de la femme qui le porte directement - d'instaurer le seul droit actuel qui nie,  dans son principe, l'égalité en droit des femmes : la loi du coran. 

Oui certes, des femmes font encore les frais de batailles menées par des antiféministes.

Mais la négation perpétuelle du problème de l'islam-loi :  qui osera nous dire qu'elle ne se fait pas elle aussi :
-sur le dos des femmes,
-et  pour le profit de personnes qui ne souffrent pas directement, ou espèrent ne pas souffrir directement, de cette loi ?

Cette négation, elle, se fait sur le dos de toutes celles, et ceux, qui s'insurgent, qui résistent, elle les nie, elle les insulte... 
Nul et écoeurant ...

Dans le Coran sourate 4 verset 34 : [ Dieu a dit ] «  Les hommes s’élèvent au dessus des femmes par ce que Dieu a favorisé certains par rapport à d’autres, et ce qu’ils ont dépensé de leur fortunes. Les femmes vertueuses sont dévouées (qanitat), et gardent le secret que Dieu a gardé [ pour elles].Celles dont vous craignez la dissension (nushuz) , exhortez les (‘idhuhun), abandonnez les (uhjuruhun)  dans les couches, et frappez-les ( udribuhun). Si elles vous obéissent, ne recherchez plus de voie contre elles. Dieu est élevé, grand. »

A celles et ceux qui répondraient que « tout dépend de l’interprétation », nous recommandons la lecture du livre du Professeur de droit islamique Sami A. Aldeeb Abu – Salieh : «  Frappez les femmes. Interprétation du verset coranique 92/4 :34 à travers les siècles » qui vient d’être publié.

Marèges, gouine blanche
H. Bidaut, féministe, résistante antipatriarcat
Cadi, Anarcho-Feministe
Elisseievna, féministe universaliste
Les VRAIES féministes en colère.

paru dans l'Humanité du 16 septembre 2016.


Réponse à cette tribune  :

pour l’émancipation des femmes

Polémique sur le burkini
VENDREDI, 9 SEPTEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ
Collectif Signataires : Fatima Benomar, porte-parole de l’associationles Effronté-e-s, Hélène Bidard, adjointe à la mairie de Paris à l’égalité femmes-hommes, Marjolaine Christien-Charrière, militante féministe à Ensemble !, Laurence Cohen, sénatrice, responsable nationale du PCF pour les droits des femmes et le féminisme, Karine Plassard, militante féministe du collectif de soutien à Jacqueline Sauvage, Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes.
Le débat autour du burkini qui a agité la France cet été est loin d’être anodin, même s’il relève globalement d’une surenchère politique, sécuritaire et raciste tendant à faire oublier les autres questions sociales. Il est symptomatique d’un climat délétère où l’extrême droite comme la mouvance de l’islam radical ont pu avancer leurs pions, chacune au service de sa propagande pour des projets tout aussi dangereux les uns que les autres pour la libération des femmes. Hélas, l’invalidation par le Conseil d’État des arrêtés anti-burkini, dont nous nous réjouissons, profite à la stratégie de communication de nos adversaires. Les uns, conservateurs religieux, crieront victoire, banalisant et dépolitisant ce vêtement sexiste et opprimant, les autres, dans le camp de l’extrême droite ou de la droite décomplexée, gémiront à l’islamisation de la France. Tous continueront d’instrumentaliser la liberté des femmes dans un souci de conquête du pouvoir.
Parce que nous sommes féministes, nous savons l’apport des luttes féministes à notre émancipation, nous combattons sans ambiguïté les dogmes puritains et politico-religieux dont les femmes ont toujours fait les frais. Le contexte de crise économique et politique permet aux différentes Églises de croire que leur heure est venue et qu’elles peuvent enfin mettre à mal la laïcité qui a mis en échec leurs velléités politiques. Nous dénonçons toutes les mouvances réactionnaires comme Civitas, qui vient de créer un parti politique, SOS tout-petits, les Survivants, qui dénient aux femmes le droit à disposer de leur corps, la Manif pour tous, les Veilleurs, l’observatoire de la théorie du genre, qui infiltre nos écoles, déstabilise le corps enseignant et les parents d’élèves, ou les tenants d’un islam politique qui négocient l’autorisation du voile à l’école ou des piscines non mixtes, en se victimisant ensuite pour mieux embrigader celles et ceux qui n’en peuvent plus de la xénophobie, des discriminations et des relégations. Nous dénonçons aussi les odieuses humiliations publiques que subissent les femmes, victimes et non prescriptrices des usages patriarcaux. Nous ne pouvons supporter de les voir subir une répression policière dictée par un climat sexiste et raciste.
Pourquoi ? Parce que nous défendons les droits des femmes et nous conscientisons l’oppression qui nous est faite. Pour beaucoup d’entre nous, les représentants de cet État invisible qu’est le patriarcat sont sous nos toits, incarnant l’autorité et la domination. Nos corps sont alors réduits à être des butins souvent au service de la reproduction, du plaisir sexuel unilatéral des hommes et de l’exploitation domestique. Toutes les stratégies machistes sont bonnes pour convaincre les femmes que leur corps ne leur appartient pas. Comment en vouloir aux femmes d’élaborer des stratégies de survie, de se couvrir, de faire un détour pour rentrer chez elles, de céder à des normes injustes et contraignantes pour éviter le pire ? Et comment accepter de devoir composer avec de telles règles du jeu ?
L’émancipation des femmes est une rude tâche qui ne s’improvise pas. À l’école, nous déplorons la suppression des ABCD de l’égalité qui auraient pu inculquer à nos enfants des valeurs fortes d’antisexisme. Nous en sommes au 73e féminicide depuis le début de l’année commis par le compagnon ou l’ex-compagnon. Une femme est violée toutes les 3 minutes, seulement 10 % portent plainte, et seuls 2 % des violeurs sont condamnés ! Qui s’en soucie ?
Pour faire reculer les intégrismes et l’extrême droite, pour faire avancer les droits des femmes, il est indispensable de briser les stéréotypes dès le plus jeune âge, de permettre un accès réel et libre aux droits sexuels et reproductifs, de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité politique dotée de moyens nécessaires et conséquents, d’interroger la manière dont est rendu le droit en matière de féminicides. Une volonté politique réelle qui ne se contente pas de promesses, qui ne se sert pas des droits des femmes pour une cause réactionnaire ou pour monter dans les sondages, qui place le féminisme en valeur cardinale.
Prendre le parti des femmes, ce n’est pas les renvoyer dos à dos avec leurs oppresseurs en les accusant d’endosser le drapeau du patriarcat et d’en être complices. Prendre le parti des femmes, ce n’est pas leur faire violence, les réprimer quand elles sont trop ou pas assez habillées, parce qu’elles sont encore les jouets du fétichisme sexuel des hommes selon les enjeux qui leur importent, politiques, religieux, économiques ou sexuels. Prendre le parti des femmes, c’est les défendre quand elles sont violentées, humiliées, menacées, c’est garantir les valeurs d’une laïcité non dévoyée, de réclamer de véritables moyens, éducatifs, économiques, de solidarité, afin de gagner l’émancipation de toutes.
Et ce n’est en aucun cas avec des arrêtés ou sous les coups de sifflet d’hommes en uniforme que nous y parviendrons !

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